Un mot ancien ?

Par les temps qui courent, voici un mot qui pourrait revenir à la mode :

Affouage

Droit de prendre du bois de chauffage dans une forêt communale ; part de bois qui revient à chaque bénéficiaire.

D’où a-t-il surgi à mon œil, je ne sais plus. Mais il n’a cessé de se rappeler à mon souvenir en revenant à la surface des pensées régulièrement : parle de moi, dis, rappelle que j’existe !

Selon l’ONF, l’affouage est une pratique remontant au Moyen Âge.

À cette époque, le seigneur des lieux accordait aux habitants de ses villages le droit de valoriser les espaces naturels et la ressource en bois de chauffage dans les forêts.

Ce droit valait pour chaque foyer : « affouer » vient de l’ancien français et signifie « allumer », d’où le nom de cette pratique.

Elle existe encore de nos jours, principalement dans les forêts communales, les « domaniales » ne sont pas concernées… C’est la commune qui décide de vendre le bois ou de le délivrer à ses habitants.

Super ça !!! On va pouvoir avoir de quoi se chauffer gratuitement. Pas possible !!! J’arrriiiiive…

Euh, c’est-à-dire qu’il faut préalablement se renseigner auprès de la mairie ou de l’ONF pour savoir où on aurait le droit de couper. On ne peut pas aller se servir directement. Nan. Et il faut être prudent, on ne s’improvise pas affoueur. Pfff, je m’emballe, glisse et m’éloigne du sujet de définition.

Mais quoi, on ne peut pas rester sur sa faim ! Un mot est comme un enfant : il a sa naissance, ses histoires, sa croissance. Il faut considérer tous ses aspects.

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Au-delà de la pérennité de cette pratique, ce mot, comme d’autres, largement utilisés à cette période du Moyen Âge, comme « péage », a une application légèrement différente de nos jours.

En effet, on ne paie plus pour entrer en ville, mais pour emprunter des routes censément plus sûres et permettant des trajets plus rapides. Cet octroi est devenu privé, de même que la possibilité d’affouage n’est pas offerte à tous.

Sans parler de la taille (en quelque sorte l’ancêtre de nos impôts locaux) et de la gabelle (ancêtre de notre TVA), ces mots anciens sont bien connus pour certains, et s’effacent pour d’autres.

Au-delà de l’implication fiscale, le glissement de certains vers d’autres, d’usage équivalent, montre que les administrations d’État n’ont que faire du vocabulaire, pourvu que l’argent rentre.

En connaissez-vous de ces mots anciens ?

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